matsuri au meiji jingu (1)

Je réalise que j’ai beaucoup de chance depuis mon arrivée à Tōkyō.

Ce soir-là, je décide de visiter le coin de Harajuku, sortie Meiji Jingu, à sept stations d’Ōtsuka, dans l’intention de voir les cosplayers du parc Yoyogi.

Mais à l’arrivée, j’aperçois des lumières festives près d’une porte torii (le portail traditionnel japonais des sanctuaires shintō). Des milliers de lampes en papier sont allumées, des personnages dans le style ukiyo-e, faits aussi de papier sont visibles sur une scène près d’un très gros tambour (toujours en papier). Ce sont toutes des lanternes géantes en fait, nommées nebuta ou neputa. Impressionnant! On revit l’époque du Japon féodal au rythme des taïkos et shakuhachis.

Je suis donc bien tombée sur un matsuri, un festival, et pas n’importe lequel. C’est le festival annuel d’automne au Meiji Jingu, et cette année, on fête en plus le 90ème anniversaire de son inauguration.

Le temple est un sanctuaire dédié aux âmes de l’Empereur Meiji et de sa femme l’Impératrice Shōken, morts respectivement en 1912 et 1914 et reposant à Kyōto. Le peuple japonais souhaitait les vénérer et respecter leur mémoire en créant ce temple et son parc composé d’un don de 100 000 arbres originaires de tout l’archipel et d’autres pays. Le temple est donc inauguré le 1er novembre 1920, et sa superficie représente 70 hectares! (En 2008, on dénombrait 170 000 arbres…) Ce qui en fait le plus grand temple shintō du pays où de nombreuses cérémonies et mariages sont célébrés tout au long de l’année.

Sans oublier que le parc crée un bel espace vert dans la capitale.

La vertu principale sur laquelle ce temple a été bâti est le Magokoro, ou cœur sincère. Les valeurs shintō sont nombreuses et bien implantées dans le cœur des Japonais, quelles que soient leurs croyances ou religions. La plus vieille religion du Japon ne connaît pas de fondateur, de livre religieux, ou même de conversion, et se base principalement sur la valeur d’harmonie avec la nature.

Normal quand nous savons tous que l’archipel se situe sur l’une des plaques les plus mouvementées de la terre, et subit les phénomènes plus ou moins dévastateurs de Mère Nature. La culture japonaise a su s’adapter et accepter les fléaux, tremblements de terre et tsunamis, à travers leurs croyances, leur architecture, etc…

Les dieux vivants, ou Kami, sont partout. Dans la nature, chez les êtres humains, dans les forêts, les lacs, etc… On leur dédie des temples, on leur formule des souhaits (réussir dans un examen, trouver l’âme sœur, avoir une bonne santé…). Rappelez-vous des films d’animation de Miyazaki, spécialement de Chihiro, où quelques Kami sont au rendez-vous, comme le dieu des rivières, Kawa-no-Kami.

Revenons au matsuri où un concert visuellement riche démarre. Une animatrice ouvre les festivités, la cadence des flûtes et tambours fusionne avec le spectacle où les samouraïs de papier s’avancent, tandis que le tambour luminaire géant tourne sur lui-même. Sur le côté, des lanternes de papier illustrées avec des poissons rouges.

Après trois ou quatre compositions, je passe par la porte torii. Ces entrées indiquent la limite entre l’enceinte sacrée d’un temple et le monde normal. Une séparation symbolique, traduite littéralement par « là où sont les oiseaux », qui doit être prise dans l’autre sens une fois traversée afin de revenir au monde réel. Si un japonais n’est pas sûr de repasser par cette porte, il la contourne tout simplement.

Sur les bas-côtés du chemin après la porte sont disposés des milliers de photophores, indiquant la route à suivre. On se croirait dans un rêve, c’est un visuel plutôt familier et rassurant.

Je flâne tout simplement, nous sommes plongés dans le noir total, mais guidés par la lumières des bougies et de quelques flambeaux. Les gens se promènent tranquillement, comme dans une sorte de pèlerinage.

Sur ma droite, j’entends à nouveau une musique traditionnelle. Plus je me rapproche, plus je distingue de nouvelles lumières et de nouvelles lanternes géantes, dont la plus grande: un personnage de 40 mètres de haut! Wow! (**)

matsuri au meiji jingu (2) >


Liens utiles: 

Publicités
Cette entrée a été publiée le octobre 31, 2010 à 23:53. Elle est classée dans évènements, japon traditionnel, jardins et parcs, matsuri, mon séjour de 2010, tokyo districts et taguée , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

Leave a reply right here ^^

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :