la majesté du kabukiza

Aujourd’hui je me suis précipitée au Kabukiza à Ginza. Précipitée pour deux raisons: l’une pour l’envie pressante de voir une pièce de kabuki en live, l’autre pour avoir une place car si l’on souhaite voir une pièce ou un acte (généralement les billets correspondent au programme de la matinée ou de l’après-midi), il faut aller faire la queue un certain temps avant la pièce pour obtenir les places limitées permettant d’assister à la représentation à un coût moindre (environ 10-15€).

J’avais peur d’arriver en retard, 11h10 j’y suis et vois un certain nombre de gens déjà assis sur un long banc dehors, près du comptoir « Single Act Ticket ». Je demande si c’est possible d’acheter un billet, le staff, accueillant et très bien entraîné, m’indique qu’il faut se placer dans la file et attendre l’ouverture de la vente. Trois personnes se sont relayées pour m’installer au bout du banc, c’est bon j’aurai une place! 🙂

On me donne une plaquette à lire (en anglais) sur laquelle est écrite la « procédure » à suivre pour voir la représentation. Tout est précis, à la minute près, ce n’est pas dérangeant du tout, cela permet le bon déroulement de la pièce et le confort des spectateurs.

Il faut se présenter 30 min au moins avant la représentation et aller au 4ème étage seulement. Ce dernier acte commence à 12h50, on me dit de venir à 12h25.

J’attends sagement au café d’à côté et lis l’histoire de la pièce que je vais voir, Rokkasen Sugata No Irodori (« Les 6 Génies de la Poésie« ), l’histoire de 6 poètes classiques comprenant deux poètes que j’aime bien: Ono No Komachi (la seule femme des 6 génies) et Sōjō Henjō, un moine.

Voici un poème d’Ono No Komachi, dite l’amoureuse:

Elles sont bien ordinaires
ces larmes sur votre manche
pareilles à des bijoux,
Alors que moi, tel un torrent agité,
rien ne peut me clamer.

Et un poème du moine Henjō inclus dans un épisode du Hyakunin Isshu, l’anime proposant une analyse et un version romancée d’une sélection des poèmes de cette anthologie.

Ferme de ton souffle
les chemins dans les nuages,
vent du paradis
Pour que restent encore un peu
les divines jeunes filles.

Retour au Kabukiza. Le staff est très attentif à ses visiteurs. Je monde à l’étage et découvre 4 files de personnes, on m’installe selon le numéro de mon billet (le numéro attribué correspond à l’ordre dans lequel il a été acheté).

ça y est, on peut s’installer, on entre tranquillement sans bousculade ou précipitation. La salle est impressionnante! Tapissée de rouge et d’or, une scène de taille conséquente… Il y a une belle énergie dans l’air.

Et le spectacle va bientôt commencer. Un compteur est affiché sur le côté de la scène indiquant 10 minutes. J’ai pris un guide électronique avant de rentrer, on peut choisir d’écouter la narration ou de lire des sous-titres. Je préfère lire pour ne pas dénaturer le spectacle et écouter proprement les sons et la musique.

Je jette un coup d’oeil à mon écran, quelques explications défilent en attendant le début du spectacle. Une sonnerie retentit, place au lever de rideau. Mon écran est entièrement synchronisé avec tout se qui se passe sur scène. Vraiment, je n’avais jamais vu une telle ponctualité! Pas le droit à l’erreur, aucune seconde de retard!

La pièce débute, la musique s’élève. J’en ai littéralement des frissons…

Il y a une beauté dans le geste du kabuki qui prend toute son ampleur quand on les voit sur scène, qui n’a rien à voir avec les nombreuses vidéos que j’ai vues auparavant.

Les meilleurs moments pour moi sont les cris du public, il est d’usage d’entendre l’audience exclamer les nom des acteurs notamment lors de scènes ou mouvements clés. Une espèce de transe s’empare de la salle, vibrante, chatoyante. Surtout durant les danses.

Je souhaiterais découvrir devant moi des scènes de lions dansants, ce sera pour la prochaine fois, les programmes des différents théâtres n’en proposent pas pour cette saison.

Quand la pièce finit, on souhaite en voir plus, on souhaite en découvrir plus. C’est un art qui a su traverser les époques, prenant de l’ampleur et intéressant tous les âges.

Une chose est sûre, on n’oublie pas une telle expérience.

***

Bonus:

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Cette entrée a été publiée le avril 14, 2015 à 23:30. Elle est classée dans japon traditionnel, mon séjour de 2015, visites et taguée , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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